S’il te plait, imprime-moi une maison !

Par Groupe Logisneuf, le 06/08/2015 10:18
Mis à jour le 06/08/2015 10:19
Imprimer une maison en 3D, c'est possible ! Industriels et chercheurs tentent de robotiser la construction
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Et si demain, il suffisait d’appuyer sur le bouton d’une machine pour construire sa maison ? L’idée peut paraitre saugrenue, et pourtant quelques prototypes « impriment » déjà des bâtiments, l’encre étant remplacée par le béton. La Chine, Les USA, les Pays-Bas cherchent à mettre au point une technologie qui révolutionnerait l’immobilier.


L’objet de vos désirs créé pour vous

De la 3D virtuelle aux trois dimensions concrètes

Depuis quelques années, l’impression 3D se démocratise. Elle permet de créer des objets à partir de plans modélisés sur ordinateur. Comme une imprimante distribue de l’encre, la machine dépose un filet de matière à l’endroit programmé et, couche après couche, réalise précisément une réplique solide du projet jusqu’alors virtuel. Œuvres d’art, gadgets ou même prothèses médicales, toute idée ou presque peut désormais prendre forme en un ou plusieurs exemplaires. D'autant que l’imprimante 3D travaille une large gamme de matériaux comme le bois, le plastique ou la céramique.

Schéma d'une imprimante 3D

Construire une maison comme on imprime un document ?

De plus en plus de cabinets d’architecture adoptent cette innovation. Elle leur permet de monter leurs maquettes de projets avec un gain de temps et de main d’œuvre non négligeables.
De là à imaginer une gigantesque machine qui coulerait des pans entiers de maison, voire une habitation en un seul bloc, il n’y a qu’un pas... que certains ont franchi sans hésitation !


Votre maison en 24 heures

En Chine : après les maisons, le gratte-ciel

Au printemps 2014, l’entreprise chinoise WinSun avait fait parler d’elle en construisant 10 maisons en une seule journée. Une gigantesque imprimante de 6 m de haut et 40 m de long avait permis d’accomplir cet exploit. Elle utilise un matériau à base de ciment et de déchets industriels (sable, verre, béton). Chaque élément de la maison est construit séparément, sur mesure, dans l’usine de l’entreprise. L’ensemble est ensuite transporté sur le site de construction puis assemblé à l’aide de renforts en acier.

WinSun a récemment édifié un appartement de cinq étages avec ce même procédé. Elle envisage désormais de bâtir des ponts ou des gratte-ciel.

Aux États unis, on vise la lune

Aux USA, c’est la Recherche qui s’enthousiasme pour ce procédé également appelé fabrication additive. À l’université de Californie du Sud, l’équipe du professeur Behrokh Khoshnevis a mis au point un prototype capable d’édifier une maison en un seul bloc. Un bras articulé monté sur portique applique là aussi le béton couche par couche. 24 heures suffisent pour élever une maison de 225 m².

Le robot n’oublie pas la plomberie et l’électricité : l’emplacement des tuyaux, câbles ou éléments d’isolation étant prévus dès la conception du plan, il laisse les emplacements vides dans les murs. Mais on peut également lui faire faire l’installation, on encore réaliser les enduits, poser du carrelage... La robotisation permet tout, du moins en théorie.

Le projet Contour Crafting est soutenu par deux grandes sociétés de construction, Caterpillar et USG. Il intéresse également la NASA qui y voit le moyen de construire des habitations sur la lune ou sur des planètes colonisées à l’aide des matières premières prélevées sur place.

À Amsterdam, une maison en soja

Aux Pays-Bas, on teste actuellement le projet « 3D Print Canal House ». L’objectif est de construire, par le biais d’une grande imprimante 3D, des éléments de murs qui sont ensuite assemblés. Ici, on a remplacé le béton par un plastique fait à 75 % d’huile végétale. Les parois en nid d’abeille permettent l'ajout d'une mousse expansive pour plus de solidité.

Construite au bord du canal à Amsterdam, la maison sera achevée en 2017. Elle deviendra alors un musée dédié aux nouvelles tendances du design et de l’architecture.



L’architecture imprimée : une révolution pour le BTP ?

Dans un premier temps, l’impression 3D de bâtiments pourrait offrir des logements temporaires à des populations sinistrées. Ainsi, des chercheurs de l'Université de Nantes (IRCCyN) ont mis au point INNOprint 3D, un dispositif capable de fabriquer un habitat d'urgence de 3 mètres de haut sur 3 m² au sol. En une demi-heure, il réalise un petit local étanche et isolé. Lors d’une catastrophe naturelle, le robot pourrait être expédié avec les équipes de secours. Il permettrait de créer sur place des abris pour les victimes, en attendant la construction de nouveaux logements selon des méthodes traditionnelles. (lire l’article de l’université de Nantes)

Peut-on envisager pour autant une robotisation des différents métiers du bâtiment ?
Cela apporterait certainement un gain de temps, d’économie et de sécurité. Plus besoin d’échafauder puis de coffrer l’ouvrage, moins de risque d’accident sur le chantier. Cela permettrait également de dépasser les limites techniques actuelles en termes de formes complexes ou couteuses à réaliser, apportant davantage de liberté aux architectes.
En contrepartie, la construction automatisée d'un bâtiment amènerait à coup sûr le problème de la destruction d’emplois.

À l’heure actuelle, les expériences en cours laissent entrevoir plusieurs avantages : rapidité de réalisation, recyclage des matériaux industriels, économie de main-d’œuvre. On nous promet un coût de construction d’une maison abaissé à 5 000 €. Est-ce là la réponse aux problèmes de logements ? Il reste encore à évaluer la solidité des bâtiments et leur conformité aux normes de construction en vigueur dans les différents pays. Normes qui en France sont relativement nombreuses.

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